Louise CHOPINET, Docteure en biologie structurale et fonctionnelle

Jeudi 20 juin 2019
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Louise CHOPINET
Docteure en Biologie Structurale et Fonctionnelle
Thèse soutenue en 2013
Université Toulouse III - Paul Sabatier
École doctorale BSB l Laboratoire IPBS - LAAS

 


Portrait de Louise Chopinet, docteure en biologie

Parle-nous un peu de toi.

Après une thèse de doctorat en biophysique appliquée au cancer, j’ai dédié ces 5 dernières années au financement d’entreprise et à l’accompagnement d’entrepreneurs en permettant à des dizaines de projets d’émerger en étant financés (plus de 13M€ levés pour 35 projets sur les deux dernières années chez WiSEED). En 2019, je me concentre sur un projet de cœur : apprendre à naviguer, tout en assurant des missions dans mon secteur d’expertise afin de toujours permettre à des projets innovants porteurs de sens de se développer grâce à mon expérience. Mon temps est donc partagé entre stages de navigation, et missions d’accompagnement. Cette dualité apparente n’a qu’une vocation : toujours apprendre, dans l’exigence du milieu marin, et acquérir de nouvelles compétences directement transposables au milieu de l’entreprise.

 

Dans le style de Ma Thèse en 180 secondes, mais à l'écrit, parle-nous de ta thèse.

J'ai réalisé ma thèse à l'interface entre la biologie et la physique dans l'objectif d'amener des solutions techniques au traitement contre le cancer. En appliquant des champs électriques pulsés directement sur les cellules cancéreuses, nous pouvons transférer sans vecteur tiers des molécules dans les cellules cancéreuses. Cette technique, l'électroporation, permet de réaliser des traitements locaux en chimiothérapie (qui évitent les effets secondaires), et durant ma thèse je l'ai utilisée pour des applications de thérapie génique. J'ai étudié à l'échelle de l’angström la réaction de la membrane plasmique des cellules aux champs électriques afin de pouvoir optimiser le transfert de molécules dans la cellule. Par des techniques d'imagerie à fluorescence et de microscopie à force atomique (habituellement appliquée à des échantillons neutres comme du carbone), j'ai pu pour la première fois observer en direct le comportement membranaire après électroporation. Ceci a permis de comprendre les réactions des cellules et d'améliorer les paramètres de transfert. J'ai également travaillé au développement de modèle tridimensionnel in vitro pour retarder l'usage du petit animal en recherche fondamentale.

 

Quelle est ta profession actuelle ?

Actuellement je travaille à mon compte en conseil aux entrepreneurs dans la structuration de leur entreprise ou leur recherche de fonds, ou pour l'analyse de dossier d'investissement auprès de structures de financement. Chez WISEED, j'étais business développeur. WiSEED est la plateforme de crowdfunding en capital n°1 en France, n°3 en Europe. Elle offre une solution disruptive et hors-norme de levée de fonds pour des entreprises à fort potentiel depuis 2008. Mes missions : prospection, conclusion d’affaires, structuration de l’activité au national, partenariats, coordination interne de l’activité avec les différents pôles (IT, communication, juridique, analyse). Et surtout : accompagnement des entrepreneurs, relations avec les co-investisseurs (fonds, business angels…). Sinon, tout est là : https://lchopinet.wordpress.com/mon-parcours/

 

Quelles sont les compétences techniques et les compétences humaines (on parle aussi de soft skills) que tu peux clairement lier, avec le recul, à ton expérience de doctorat ?

Une capacité d'adaptation hors du commun. De fortes compétences d'apprentissage (je sais trouver les solutions pour résoudre n'importe quel problème). Une capacité à monter en compétence dans des secteurs très différents. Et surtout : savoir travailler, dans le sens noble du terme (s'organiser, travailler beaucoup, intensément, ne pas se décourager...).

 

Ca fait quoi d'être Docteur, au quotidien ? Est-ce que ça t’a ouvert des portes ?

Oui, cela m'a ouvert des portes, mais beaucoup se sont fermées. Je considère que cela m'a ouvert les bonnes portes ! Je revendique mon doctorat tous les jours, afin de casser les a priori (trop positifs "ha, mais t'es une tête en fait ! Je ne te comprendrais jamais..." ou négatif "ha, docteur... tu as vu de la lumière et t'y es allée..." (véridique et dixit le DRH d'une grosse structure de conseil !!) et de rendre ce statut accessible à tout le monde ! Aujourd'hui mon doctorat est la clef de voute de mon parcours professionnel.

 

Quels souvenirs gardes-tu de ton doctorat ? Les moments forts, les moments durs, la soutenance...

Surtout de la dureté reste en mémoire... En particulier en raison de la persévérance à mettre en oeuvre chaque jour pour réussir à obtenir des résultats concluants (j'ai passé ma première année enfermée dans un sous-sol à reproduire chaque jour la même expérience sans succès...). Ensuite, il y a tout le côté international (j'ai passé 3 mois aux US, 1 mois en Slovénie) et la richesse de rencontrer d'autres cultures (scientifique, mais aussi dans le quotidien). Finalement, beaucoup de reconnaissance dans mon cas, car j'ai été encadrée par d'excellents directeurs de recherche et j'ai pu publier vite, et très bien. Ma soutenance a été un moment très fort, d'accomplissement, de reconnaissance par mes pairs, mais aussi de démonstration de ce à quoi je travaillais d'arrache-pied depuis 3 ans à ma famille.

 

Que souhaiterais-tu dire aux autres Docteurs du réseau de l'Université de Toulouse ainsi qu'aux doctorants actuels ?

Le doctorat n'est pas une faiblesse ! Le docteur doit juste apprendre à le valoriser en dehors du milieu scientifique (où la compétition est rude, et ou le doctorant, voire docteur est trop souvent rabaissé... peu de gens dans ce milieu sont capables de dire "c'est bien, tu es bon" !). Le doctorat est une force, il faut se le réapproprier et savoir le mettre en valeur... Cela s'apprend : et c'est plus facile que de faire une thèse ;)

 

 

Crédit photo : ©Louise Chopinet

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