Mathias LAFFONT, Docteur en Sciences économiques

Jeudi 04 juillet 2019
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Mathias LAFFONT
Docteur en Sciences économiques
Thèse soutenue en 2013
Université Toulouse Capitole
École doctorale TSE / Laboratoire GREMAQ

 


Mathias LAFFONT, Docteur en Sciences économiques

Parle-nous un peu de toi.

Je suis né le 30 décembre 1984 à Toulouse. J'ai fait mes études entre Paris (ENS Cachan) et Toulouse (M2 et thèse). Je vis actuellement à Paris.

 

Parle-nous de ta thèse.

Alors que le secteur de l'électricité venait d'être pleinement ouvert à la concurrence, qu'une nouvelle organisation du monopole historique EDF était mise en place, ma thèse a porté sur les nouveaux enjeux en matière de régulation des réseaux de transport et de distribution d'électricité. Elle est composée de quatre chapitres indépendants. Le premier est une introduction générale sur le secteur de l’électricité et sur la distribution d’électricité en France et en Europe.

Le deuxième met en avant les enjeux de service public et d'amélioration de la qualité du service dans un contexte où la pertinence d'un raccordement au réseau peut être remis en cause par l'émergence des sources de production délocalisée (EnR par exemple). Le troisième chapitre soulève le problème de la gestion des pertes en ligne et analyse comment les différents modes de régulation existant en Europe peuvent inciter les distributeurs à améliorer l’efficacité du réseau.

Enfin, le dernier chapitre est consacré à l'analyse des impacts des tarifs de soutien aux énergies renouvelables dans un contexte d’économie ouverte et étudie l’incidence des contraintes de transmission sur les échanges d’énergie.

 

Quelle est ta profession actuelle  ? Quelles sont tes missions, que fais-tu au quotidien ou de façon hebdomadaire, comment vois-tu ton métier, comment es-tu arrivé là ?

Actuellement, je suis directeur Economie, Mobilité et Bâtiment au sein de l'Union française de l'électricité. L'UFE est une fédération professionnelle qui représente les grands donneurs d'ordre du secteur de l'électricité (EDF, Engie, Total Direct Energie, RTE, Enedis,...). En charge des sujets "aval", le pôle que je dirige suit l'actualité législative et réglementaire afin de faire valoir la position des acteurs de l'électricité notamment au regard des enjeux liés à la transition énergétique.

Concrètement cela consiste en la rédaction de notes de position élaborées au sein des commissions et GT de l'UFE et portées auprès de l'administration ou des décideurs publics. Pour cela, les relations avec nos adhérents bien évidemment mais aussi avec l'écosystème du bâtiment et de la mobilité (constructeurs automobiles par exemple, AOT) sont essentielles. Le travail de veille est aussi un élément très important de ces missions afin d'anticiper au mieux les enjeux de demain pour les acteurs du secteur de l'électricité.

Après ma thèse sur le secteur de l'électricité, j'ai toujours gardé dans mes expériences successives un lien avec ce secteur. Je souhaitais avoir une expérience en dehors des administrations publiques et c'est donc naturellement que j'ai rejoint l'UFE en avril 2018 puisque cela me permettait de conserver une vision d'ensemble sur le secteur et de travailler sur des sujets qui structureront nos sociétés.

 

 

Quelles sont les compétences techniques et les compétences humaines (on parle aussi de soft skills) que tu peux clairement lier, avec le recul, à ton expérience de doctorat ?

L'esprit critique, la vulgarisation de concepts scientifiques et l'autonomie dans le travail sont des compétences importantes selon moi. Sur l'aspect technique, la capacité de modélisation, l'élaboration d'hypothèses scientifiques et la réalisation d'études quantitatives ont été un atout dans mes différentes expériences.

 

Ca fait quoi d'être Docteur, au quotidien ? Est-ce que ça t’a ouvert des portes ?

Au quotidien ça permet de garder des liens avec le monde académique. Disposer d'un doctorat était un prérequis dans ma première expérience à l'autorité de la concurrence et un atout par la suite.

 

Quels souvenirs gardes-tu de ton doctorat ? Les moments forts, les moments durs, la soutenance...

Les moments qui m'ont le plus marqué sont sûrement ceux liés à ma soutenance. Plusieurs années de travail qui dépendent de quelques heures de présentation : beaucoup de stress et un véritable soulagement ensuite.

 

Qu'attendrais-tu d'un réseau alumni docteurs ?

L'atout d'un réseau d'alumni permettrait de structurer un peu ce qui se passe après la thèse notamment pour ceux qui souhaitent accéder au monde non-académique. Les acteurs économiques français sont encore frileux quant à l'intégration des docteurs dans les administrations ou les entreprises. Savoir lesquelles ont une appétence pour des profils différents serait un plus.

 

 

Crédit photo : ©DR

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