Renaud Allioux, docteur en astrophysique

Mercredi 05 décembre 2018

Renaud ALLIOUX

Docteur en Astrophysique, science de l'espace et planétologie

Thèse soutenue en 2012

Université Toulouse III - Paul Sabatier

École doctorale SDU2E

Laboratoire IRAP


Qui es-tu ?

Je m'appelle Renaud, je vis à Paris après quasiment 10 ans à Toulouse dans le spatial. Aujourd'hui je travail beaucoup sur des sujets IA et software.

Parle-nous de ta thèse.

Ma thèse avait pour but d'étudier l'impact du champ magnétique de la lune de Jupiter Ganymède sur un futur satellite prévu pour la mission JUICE de l'ESA (Jupiter Icy Moon Explorer).

Quel est ton parcours professionnel ?

Après ma thèse j'ai été embauché directement chez Airbus DS pour continuer à travailler sur JUICE et de la physique spatiale. En 2016 j'ai quitté Airbus et fondé la startup Earthcube avec mon associé Arnaud. Nous commercialisons des services de surveillances de sites à grande échelle depuis l'espace en utilisant l'IA et la vision artificielle. Je suis aujourd'hui le "Directeur technologique" de la société, je m'occupe de gérer nos trois équipes techs (~15 personnes), de la stratégie R&D, produit et infrastructure software de l'entreprise ainsi que de la réalisation des contrats. Avec Arnaud nous discutons aussi ensemble des décisions stratégiques (levée de fond, marché à cibler etc...) à porter.

Quelles sont les compétences techniques et les compétences humaines (on parle aussi de soft skills) que tu peux clairement lier, avec le recul, à ton expérience de doctorat  ?

Le calcul scientifique, la flexibilité et l'autonomie. La capacité à comprendre les recherches des autres dans un domaine (l'IA) qui bouge très très vite.

Quels souvenirs gardes-tu de ton doctorat ? Les moments forts, les moments durs, la soutenance...

Mon doctorat s'est globalement bien passé. J'avais choisi un sujet "appliqué" en collaboration avec l'industrie car je n'étais pas sûr de vouloir continuer la recherche. Quelques problèmes logistiques et administratifs m'ont donné de bonnes sueurs froides au moment de soutenir mais rien de bien méchant.

Que souhaiterais-tu dire aux autres Docteurs du réseau de l'Université de Toulouse ainsi qu'aux doctorants actuels ?

  • Aux docteurs : Il ne faut pas se faire d'illusion sur la recherche publique. C'est très compétitif, il n'y a malheureusement très peu de postes qui ne sont pas très bien payés. Mais le salut n'est pas que dans la recherche académique. Startups, PME et grand groupes, EPIC, association de vulgarisation...la science se ne se fait pas qu'au CNRS !
  • Aux doctorants : cultivez vos compétences hors de la science. 80 % des docteurs ne travailleront pas dans la recherche académique, mais pas mal n'ont aucune idée de comment se passe "le monde extérieur": quels salaires pour quels postes, comment écrire un CV, quels outils sont utilisés etc... C'est dommage car cela dessert des profils souvent de qualité. C'est un investissement faible pour un retour très rapide. Certaines formations de la fac sont pas mal pour ça.
  • Aux candidats : choisissez votre thèse avec soin. Si votre but est la recherche académique soyez honnêtes et réalistes avec vous même. On sait tous qu'il y a peu de postes et peu de débouchés dans le public, choisissez donc le bon sujet, avec le bon directeur et le bon labo. Demandez l'avis d'anciens, ou de chercheurs en activité. Si vous n'êtes pas sûr de votre orientation laissez vous une porte de sortie et choisissez un sujet pouvant avoir des applications en dehors de la science, et développez des compétences mixtes durant votre thèse. Globalement il faut faire attention quand on choisit et réalise une thèse. C'est un diplôme spécialisé, qui arrive déjà après un long cursus d'étude. Il faut donc le faire de manière réfléchie, en ayant un projet derrière (pro ou perso).

Question bonus : qu'attendrais-tu d'un réseau alumni docteurs ?

Des candidats de qualité et des partenariats académiques

Crédit photo : Rémi Benoît

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