Thibault CHRISTOPHE, Docteur Sciences de l’information et de la communication

Mercredi 22 mai 2019
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Thibault CHRISTOPHE
Docteur Sciences de l’information et de la communication
Thèse soutenue en 2015
Université Toulouse - Jean Jaurès
École doctorale ALLPH@ l Laboratoire LERASS


Thibault CHRISTOPHE, Docteur Sciences de l’information et de la communication

Qui es-tu ?
Je viens de l'Ain. Je suis arrivé sur Toulouse en 2006 pour faire un BTS Audiovisuel. En effet, avant d'entrer en thèse et durant 7 ans, j'ai été intermittent du spectacle en tant qu'ingénieur du son d'abord puis régisseur. En parallèle de ce parcours professionnel, j'ai passé un master en information-communication. Je suis entré en thèse 2011, et j'ai dû abandonner ce "premier métier" pour celui d'enseignant-chercheur.

Parle-nous de ta thèse.
Je me suis intéressé au comment et pourquoi les adolescent.es téléchargeaient illégalement de la musique.

Si tu n'en as pas encore parlé, quelle est ta profession actuelle ?
Je suis encore un peu enseignant vacataire dans des établissements privés. J'ai monté un "cabinet d'études" en communication et sociologie. Concrètement, à travers cette SCOP, nous proposons des outils à des musées ou des collectivités. Par exemple, nous avons mené plusieurs études pour des musées qui souhaitaient savoir quels sont les profils sociologiques de leurs visiteurs, ainsi que leur degré de satisfaction d'une exposition. Mandaté par l'Institut National Contre le Cancer, nous interrogeons aussi en ce moment les médecins de Haute-Garonne sur le rapport au dépistage du cancer du sein.

Quelles sont les compétences techniques et les compétences humaines (on parle aussi de soft skills) que tu peux clairement lier, avec le recul, à ton expérience de doctorat ?
Dans mon cas, les compétences techniques et humaines sont très liées. J'ai mis en place durant ma thèse et mes recherches des méthodologies qualitatives (entretien, individuel ou collectif, observation). Ce sont précisément ces outils et savoir-faire que je vends aujourd'hui.

Ça fait quoi d'être Docteur, au quotidien ? Est-ce que ça t'a ouvert des portes ?

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ça n'aide pas vraiment au quotidien : le diplôme n'est pas encore très valorisé dans les entreprises ou les collectivités. Il est parfois difficile de faire comprendre la plus-value d'un doctorat (par rapport à un diplôme de Master) dans sa dimension scientifique ou de recherche et développement. Il y a tout un travail pédagogique pour faire comprendre les enjeux du diplôme et le valoriser économiquement sur le marché du travail. Les points véritablement positifs, à mon sens, sont 1/ la réflexivité méthodique que je m'applique désormais en tant que professionnel, réflexe que j'ai acquis en doctorat 2/ la capacité à gérer la transversalité des projets (compétences en gestion, comptabilité, enseignement donc pédagogiques, compétences techniques de tous types, travail analytique et interprétatifs de résultats), 3/ la capacité à ne jamais se satisfaire de premiers résultats, des résultats de bon-aloi. Grâce à mon doctorat, j'ai appris à toujours remettre en question les choses qu'on me disait ou que je voyais, pour mieux comprendre.

Quels souvenirs gardes-tu de ton doctorat ? Les moments forts, les moments durs, la soutenance...
La première rencontre avec mon directeur de thèse (qui à l'époque s'est faite dans son bureau en M1) a été décisive. Il a été un partenaire bienveillant de tous les instants. Globalement, a posteriori, je ne garde pas un très bon souvenir du quotidien doctoral. C'est une rythmique mécanique qu'il faut s'imposer psychologiquement et quotidiennement. Durant deux ans, je n'avais pas de bureau, j'ai travaillé donc chaque jour de chez moi. Ce fût un travail très solitaire. Heureusement je donnais des cours, qui étaient de véritables bouffées d'oxygène. Et puis les différentes implications (administratives, politiques, pédagogiques) m'ont rajouté beaucoup de temps de travail, à une course contre la montre qu'est la thèse. J'ai traversé la soutenance comme on traverse un deuil, sans me rendre vraiment compte de ce qui était en train de passer et ce que j'étais en train de laisser derrière moi. Je suis très content et fier d'avoir fait un doctorat, mais quand on me demande si je conseille cette expérience, je ne m'engage jamais dans aucune réponse. Je trouve que c'est une expérience (autant intellectuelle, psychologique que physique) dont le choix est intime.

Que souhaiterais-tu dire aux autres Docteurs du réseau de l'Université de Toulouse ainsi qu'aux doctorants actuels ?
Dans ma discipline, les postes à l'Université se font rares (et encore, de ce que j'en sais, l'information-communication n'est pas si mal lotie). La difficulté, si nous avons envie de devenir enseignant-chercheur c'est que l'Université nous demande d'être excessivement mobile à des âges où nous avons précisément envie de nous sédentariser (pour construire un projet conjugal et familial). J'ai fait le choix de renoncer aux campagnes de recrutement de poste de Maitre de Conférence pour préférer ma situation personnelle. Ce fut un renoncement difficile, mais j'ai trouvé comment faire muter mes compétences doctorales dans une SCOP, et qui jusqu'ici permet de faire travailler plusieurs personnes.

 

 

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